Péninsule de Kola

Mourmansk, c’est après 35 heures de train depuis Moscou (2h d’avion pour la version courte) que l’on arrive dans cette ville industrielle du nord de la Russie, la plus grande ville au-dessus du cercle polaire.

Ville héroïque pendant la Seconde Guerre mondiale, elle joua un rôle stratégique pour l’URSS en tant que seul port permettant l’approvisionnement grâce à des convois maritimes venus d’Amérique. Elle fut détruite dans sa presque totalité en résistant par deux fois aux tentatives allemandes en 1942 avant d’être reprise par l’armée rouge en 1944.

Elle connut après la guerre une longue période de croissance due aux nombreux projets militaires dans la région. La construction de base navale pour la marine et l’exploitation des nombreuses ressources minières de la région. La pêche est également en plein essor et ctivité basse son pleine jusqu’à la fin des années 1980.

“Les années qui suivent la dislocation de l'Union soviétique sont difficiles pour Mourmansk, qui doit désormais compter sans la politique volontariste de développement du grand Nord qui a fait ses heures de gloire. L'évolution démographique reflète le grave déclin que subit la ville qui voit sa population diminuer presque du tiers.”

La ville, assise entre les montagnes et la mer de Barents, était jusqu‘au milieu des années 1960 une cité prospère de 30,000 habitants vivant de la pêche côtière et de l’élevage des rennes. Les changements dans l’administration locale et les nouvelles normes de pêches ont détourné les bateaux vers Mourmansk, où les installations plus récentes permettaient une pêche industrialisée et plus rentable.

Depuis le début des années 2000, malgré les promesses des autorités locales, rien n’est venu enrayer le cercle vicieux de la dégradation de l’infrastructure, de l’appauvrissement et de l’exode. C'est en 2014 que la situation évolue avec le succès international du film Leviathan d’Andreï Zviaguintsev, un drame social filmé à Teriberka et qui rencontre un immense succès en Russie et à l’étranger. Ce succès braque les projecteurs sur la ville et la beauté de ses paysages, et laisse espérer une résurrection par le tourisme.
Aujourd'hui, Teriberka est une ville abandonnée de 500 habitants entouré d'une nature sauvage rappelant la magie des fjords norvégiens. Le sentiment est pesant. La beauté des lieux est largement contrebalancée par les récits des vies de misère de ses hôtes.

On fait rapidement le tour de la ville, seule une promenade de nuit à la chasse aux aurores boréales permet de ne pas remarquer les maisons, bateaux, et écoles abandonnées.
Malgré le nombre grandissant de touristes venant admirer les aurores dans la région, 450 000 en 2019 (40% de Chinois) selon les autorités, très peu sont optimistes pour leur avenir dans la région. Beaucoup réfléchissent à s’exiler vers Mourmansk ou dans une autre région alors qu’au même moment, des entrepreneurs étrangers viennent investir dans le tourisme local en construisant hôtels flambants neufs et en profitant de la faible compétition du secteur.

Cimetière de Lovozero